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Au delà d'être incollable sur l'homologation des cols, col ou pas col, cette page sera une collection d'échanges avec des experts, des membres de la confrérie des cent cols et de tous les passionnés qui veulent mettre en avant des montées remarquables de Côte d'Or ou accessibles au départ de la Côte d'Or en une journée.

Cols de Côte d'Or

Cols non reconnus en Côte d'Or

 
 
 

COLS DE COTE D'or

Nous ouvrons donc notre page incollable par un inventaire des cols de notre département grâce à notre collègue Yann, membre de la confrérie des Cent Cols liée à la FFCT et de réputation internationale (2200 membres issus de 17 pays à travers le monde). Pour  entrer au  Club  des Cent Cols, il faut  avoir franchi  à bicyclette au moins cent cols  différents, dont  cinq cols d’au moins 2000 m pour chaque centaine proposée. Sont pris en compte, notamment,  les cols inscrits dans les catalogues du Club des Cent Cols à la date de leur dernière mise à jour. Au préalable Yann précise qu’il n’y a pas d'organisme officiel pour la normalisation des cols ; depuis sa création en 1972, le Club des Cent Cols est  devenu une structure notoire sur le thème des cols. A force de répertorier méthodiquement et rigoureusement les cols en France et à l’étranger et d’en publier régulièrement des versions papier ou informatiques avec des additifs annuels (38 catalogues et 55 pays répertoriés), le Club des Cent Cols a acquis une reconnaissance qui fait foi auprès de nombreuses instances sportives et administratives et est désormais légitimement consulté en l'absence d'autre structure équivalentes.

Au 15 mars 2021, nous avons en Côte d'Or seulement 7 cols inscrits dans le catalogue des Cols de France : 3 cols routiers + 4 cols muletiers accessibles à VTT ou en gravel. Depuis peu, les cols au catalogue sont visualisables par les non adhérents au club  sur les sites Openrunner et Vélo En France grâce à un moteur de recherche (Lien vélo en France).

Cols routiers :

- le Col de la Croix de l'Ormeau (424 m) au sud de Montbard  lien carte 

- le Col de la Gourdasse (463 m) entre Chambole-Musigny et Curley lien carte

- le Col de Bessey en Chaume (576 m) lien carte 

Franchir un  col n'est pas toujours synonyme de montée ; ce col est accessible à vélo uniquement par la D104A qui franchit l'A6, et que l'on vienne de Crépey ou de Bessey en Chaume, on l'atteint à vélo uniquement en descendant. En visualisant la carte, on relève que le col correspond au franchissement d’un affaissement de la ligne de crête  (576m) bordée de deux jalons hauts évalués sur la départementale à 593 m. S’il y avait besoin d’illustrer encore les propos de Yann, on peut comparer ce col à 3 des composants d’une selle de cheval, siège, pommeau et troussequin ; le col de Bessey en Chaume coïncide avec le siège qui est parcouru à cet endroit par la départementale  D104A reliant le pommeau au troussequin de la selle. On retrouve cette particularité dans les cols vosgiens  sur le parcours de la saisissante Route des crêtes.

Quant aux 4 cols muletiers, ils se situent respectivement pour le premier de la liste près de Segrois (Hautes Côtes de Nuits), et pour les 3 autres près de Flavignerot.

- Col de Pique-Chose (479 m) lien sur la carte

- Col de la Mialle (507 m) lien sur la carte

- Col de Leuzeu (511 m) lien sur la carte

- Col de la Toppe (541 m) lien sur la carte

Dans une prochaine publication nous aborderons la liste des cols  du département non retenus au catalogue du Club des Cent cols, ce qui nous ouvrira ensuite la porte du processus d’inscription des cols au catalogue du club des Cent cols.

 

En bref :  Une première liste des cols de France fut publiée en 1976 et faisait état de 1386 cols routiers. En 1981, le premier catalogue complet des cols en France, de Monique et  Robert Chauvot, répertorie 7336 cols dont 1531 cols routiers. Depuis 1994, la Confrérie des Cent cols a pris le relais de la “Bible Chauvot”. A l’automne 2020, 10985 cols étaient recensés au catalogue des cols en France.

Point de vue au sommet du col de la Gourdasse

 

 cOLS NON RECONNUS EN COTE D'or

Après avoir évoqué les cols de Côte d’Or dans cet article de mars 2021, nous ouvrons le sujet des cols de Côte d’Or non retenus par la confrérie des Cent Cols.

Définitions d’un col

Définition 1 selon l’association françophone de la topographie  (AFT) : partie déprimée d'une ligne de crête. De part et d'autre d'un col, les courbes de niveau affectent la forme d'hyperboles conjuguées. Cette définition est adoptée et partagée par les professionnels de la topographie et de la géomatique.

Définition 2 selon l'article 2 de la règle du jeu de la confrérie des des Cent Cols : point de passage privilégié, imposé par le relief, situé sur une ligne de partage des eaux, et autre qu’un sommet. Cette définition adoptée par le Club des 100 cols a conduit la direction du Club à produire et mettre à jour plusieurs catalogues listant les cols de territoires, étrangers et national, éligibles à l’activité du Club. Une liste de cols non retenus ou retirés des catalogues est également actualisée avec indication du motif de refus ou de retrait et de ses coordonnées géographiques. La définition est complétée par cette précision qui souligne l’importance des éléments matériels qui servent de référence pour satisfaire toute demande d’inscription d’un col au catalogue :

« La nomination d’un col doit être consacrée par l’usage et mentionnée sur des sources de références jugées fiables par le Club. Parmi les sources de références fiables, citons : les cartes routières ou topographiques émanant soit d’organismes officiels, soit d’éditeurs privés dont la compétence est reconnue. Les bases de données toponymiques associées à une cartographie numérique émanant des mêmes organismes évoqués ci-dessus. Les cadastres et cartes anciennes, dont l’échelle et le graphisme permettent de situer les cols sans ambiguïté sur le terrain. Les panneaux sommitaux ou directionnels.les plans ou tableaux informatifs posés soit par des organismes officiels, soit par des clubs montagnards compétents. Les guides édités par des clubs montagnards réputés pour leur sérieux et leur connaissance du terrain : clubs alpins français, italien, club vosgien, etc.. »

Les catalogues des cols sont dédiés aux adhérents. Leur localisation est toutefois visible sur le site Vélo en France.

Les cols non reconnus par la confrérie figurent en listes téléchargeables à cette page  

Inventaire des Cols de Côte d'Or non reconnus du club des Cent Cols ou supprimés du catalogue

Le col de Penevelle (313 m)  FR-21-0313 004°31'11.6"E / 47°32'01.5"N ; localisé près du site historique d’Alise Ste Reine et du Mont Auxois, ce col n’a pas été éligible au catalogue par manque d’information documentaire ( document archéologique).

Le col de Porte de Saint Germain (442m) FR-21- 0442  005°01'45.4"E / 47°39'11.3"N. Un cas de refus qui met en évidence la nécessité d’éléments matériels à base de cartes principalement mais aussi leurs insuffisances. Situé à Grancey-le-Château-Neuvelle, 21580, la motivation du refus d’inscription s’appuie sur une réinterprétation des mots : « le terme désigne ici une porte dans le mur d'enceinte du parc du château de Grancey tout comme l’autre porte des Chanoines ».

Col du Bochot  (485 m) FR-21-0485 Situé près d’Arconcey et de la source du Serein, ce col a été refusé en octobre 2015 pour la raison suivante : « La dénomination col est basée uniquement sur la tradition orale sans qu'aucun document ne vienne l'étayer ».

Le motif pose question : faut–il nécessairement justifier une tradition orale par un support écrit ?  Ce qui laisse sous-entendre aussi un principe non définitif, non irréversible du refus. A noter que ce col est proche de celui qui a été proposé lors de l’AG 2021 des cyclos d’Arnay et qui fait référence à la Montée de Viécourt (depuis Huilly) qui retombe à Beurey-Baugay.

Col de la Croix Vermont (518 m)  FR-21-0518. En Côte d’Or morvandelle, la présence d’une croix en haut d’une crête, le long d ’une ancienne voie  romaine, n’a pas été suffisante pour entrer au catalogue, bien que ces élèments soient porteurs de preuves de passage. La motivation est sans appel : « Col créé de toute pièce, sans référence locale. Contredit l'art. 4 de la règle du jeu ». L’article 4 en question stipule que le Club des Cent Cols ne reconnaît pas les cols de complaisance, c’est-à-dire les cols nommés pour les besoins de la cause, alors que leur nom n’est pas consacré par l’usage et n’apparaît sur aucun document antérieur. 

Col de la Croix de Chèvre (698 m) FR-21-0698. Comme pour le col de la croix Vermont c’est avec la même cohérence et rigueur que le Col de la Croix de Chèvre sur la D302 près de Menessaire, en Côte d'Or morvandelle, a été refusé : « Aucune référence sur carte ou cadastre. Non nommé "col" localement. Contredit l'art. 4 de la règle du jeu. »

Le Pas Saint Martin (350 m) FR-21-0460. Ce col a étér retiré du catalogue suite à un travail d’interprétation d’une information figurant sur une carte qui a conduit au trait du catalogue. Le pas St Martin désigne le défilé emprunté par la D23 reliant Nantoux à Mandelot. Initialement une confusion a donc pu conduire à l’inscription au catalogue car étymologiquement « pas » peut être considéré comme un col (Pas de la Case).

Commentaires

A l'évidence les intérêts des administrations qui décident de qualifier un lieu de col ne sont pas les mêmes que ceux des dirigeants du Club des Cents Cols dans leurs opérations d’homologation. Ces derniers sont comptables de leurs actes vis des membres fondateurs desquels ils ont hérité une règle du jeu expérimentée, dont ils ont la charge d’assurer la pérennité.  Quant aux autorités, elles voient  dans les cols un moyen de promouvoir leur territoire en attirant les amateurs de randonnées et de panoramas.

En premier lieu ce sont les professionnels de la topographie qui sont en première ligne pour reproduire sur des cartes ce qu’ils observent sur le terrain. Sur les premières cartes anciennes  figurant les territoires (Cassini), on représentait des moulins, des ponts, des tours, des vignes c'est à dire plus l'environnement agricole que des cols. Alors que de nos jours, les cols sont souvent pris sous toutes les coutures en photographies,  autrefois ils ont très rarement été des objets géographiques, des thèmes de peinture, des sujets de littérature.

En 1839, lors de son second voyage en direction du Rhin, sur le trajet Nancy Strasbourg, Victor Hugo écrit : « la voiture lancée au grand galop, penchait en avant, nous descendions la fameuse côte de Saverne». Le mot col n’avait pas encore fait école, et alors que le col de Saverne est sur les cartes IGN actuelles, on remarque l'absence de ce col sur les cartes Cassini et Etat-major mais la présence d'une curiosité naturelle mentionnée  au nom de Saut de Lorraine (carte Cassini) ou de Saut du Prince Charles II (Etat-major).

On peut toujours remonter le temps pour savoir si un col était connu d'Eve et d'Adam, c'est à dire représenté sur des cartes. Il faut toutefois être réaliste, le temps ne sera pas remonté très loin, car la plupart des cols alpins n’ont été représentés par le Service Géographique des Armées qu’à la fin du XIX eme siècle sur les cartes d’Etat-major.  Dans les autres régions il n'y avait pas les mêmes intérêts stratégiques à généraliser la représentation des cols lorsque ces passages étaient déjà identifiés comme des lieux de passage.

L’intérêt du grand public pour les cols est lié au développement des loisirs en montagne apparu dans la seconde moitié du XIX ème siècle, et depuis le début du XX ème siècle ; le cyclisme a apporté une image légendaire des cols grâce aux étapes de montagnes du Tour de France. Les cartes ont suivi cet engouement dans les années 60 en adoptant des échelles plus descriptives. Le développement des loisirs en vélo est en plein essor, et naturellement les administrations départementales et communales accompagnent  ce mouvement de mobilité en proposant des cols pour attirer les colophiles sur leurs terres.

En définitive cols homologués, oubliés, snobés, non reconnus ou reconnus faux cols, ce sont les cyclotouristes qui se feront leur propre opinion.